Un distique, une image, un haïku...
Poèmes à deux voix Blandine (bb) et Françoise (fr)
Bruit mouillé de la roulette
Un voyageur égaré (bb)
rentrer ou partir ?
passage entre céladons
se croire à Venise (fr)
Comme les toits de Paris
au-dessus de l’océan
grand mât du voilier
yamakasi en vigie
sautant sur l’ardoise
dans la rue chargée d’histoire
marcher le regard en l’air
frimas de l’automne
sous le masque barrière
comme en cache-nez
en contrebas de la ville
un fantôme m’accompagne
passager absent
comme un printemps en automne
flotter sur le Rhône
des alluvions émeraude
l’eau se souvient des forêts
les fils qui retiennent
pont et péniches en amarres
la vie aquatique
cette cheminée chinoise
un peu des toits de NY
qui peut découvrir
par delà le mur de brume
un continent neuf ?
fleur de banane en jardin
l’exotisme dans la ville
une hampe de fer
Faire assaut à la lumière
Au surplomb du mur
les arches dans le soleil
un piédestal au nuage
le ciel dans l’eau
mes pas au-dessus des courbes
vers une autre rive
vu du bateau, le grand pont :
ombre passant vers l’hors-champ
glisser sur la Saône
sous les pierres et le ciel
flânerie d’automne
une intrusion en passant
cour créole entre-aperçue
lambrequins à jours
pas besoin de guétali
le vent en maraude
me rapprocher plus encore
alors une pluie de feuilles
regard de poète
sur le jardin emprunté
à un kilomètre !
effet miroir et dentelle
une vie en confidence ?
l’ardoise du ciel
dans les carreaux, morcelée
la boîte à secrets
Sans raison quitter la voie
S’autoriser le détour
le parc en novembre
entre bambous et grands arbres
trois générations
poésie du temps longtemps
et derrière les grilles ?
trois arbres chanteurs
au-dessus du terrain vague
agitent leurs graines
Près d’un château de papier
Sous les cèdres du Liban
sous la canopée
une grande respiration
en confinement
dans l’allée des va et vient
quelques chatons en domaine
leur vie à sauver
si parfois un promeneur
recueillait une âme
invitation du vent ?
entrée en frôlant le lin
Un rond presque clos
La promesse d’alliance
Un jour se rompra
écroulements des villas
l’élégance des allées
les vignes figées
raisins feuillages tout vert
lien nostalgique ?
habitée par les lianes
comme une maison hantée
dont les fenêtres fermées
ont vu la guerre et la grippe
dans la colonie
Sans le couvert du feuillage
Le nid paraît si fragile
un arbre en sculpture
élan dans le ciel d’hiver
ses feuilles en guirlande
le grondement du chantierfalaises en artefact
dans le ciel d’hiver
un arbre couleurs d’automne
des traces Buren ?
tant de guipures créoles
maison encore endormie
dans le temps « lontan »
une fille de dentelles
sous le guétali
dans la cour intérieure
palissade en liberté
les plantes grimpantes
attirées par la lumière
solstice d’hiver
Un panneau pour indiquer
Vers quoi porter nos regards
aux couleurs d’automne
un jardin dit romantique
sécheresse d’hiver ?
24 décembre 2020,
Saint-Denis de La Réunion, Françoise
Mâcon, Blandine
Commentaires
Enregistrer un commentaire